# Le maté, de la forêt guarani au rituel de chaque jour

*Une plante de la forêt subtropicale, un peuple qui l’appelait simplement « herbe », quatre siècles d’histoire entre missions, pampa et villes : comment une tasse de feuilles est devenue le geste qui fait tenir ensemble tout un pays.*

Publié: 2026-10-08 · https://www.ritualestore.it/fr/blog/origini-del-mate

## En bref

- Le maté est une infusion de feuilles de yerba mate (*Ilex paraguariensis*), un arbre originaire de la forêt subtropicale entre le Paraguay, le sud du Brésil et le nord-est de l’Argentine.
- Les premiers à le boire furent les peuples guaranis, qui appelaient la plante *ka’a*, « l’herbe » ; le mot « mate » vient du quechua *mati*, le récipient.
- Interdit à Buenos Aires en 1616, il fut cultivé par les jésuites au XVIIe siècle ; après leur expulsion (1767), on revint à la cueillette sauvage jusqu’en 1895, année où Carlos Thays réussit à nouveau à faire germer les graines.
- La yerba contient de la caféine, de la théobromine et de la théophylline, ainsi que des polyphénols antioxydants comme les acides chlorogéniques ; elle se boit chaude mais pas bouillante.
- En Argentine, le maté est « infusion nationale » par la loi depuis 2013 : il est présent dans plus de neuf foyers sur dix et on en consomme plus de six kilos par personne et par an.

En Argentine, le maté ne s’offre pas : il se partage. Il arrive en milieu de matinée au bureau, trône sur le tableau de bord des camions, passe de main en main sur la plage, dans les gradins, dans les cuisines à l’aube. Pour comprendre comment une simple infusion de feuilles est devenue le geste quotidien de tout un pays, il faut remonter le cours des fleuves jusqu’aux forêts où tout a commencé.

## Aux origines : la forêt et les Guaranis

La yerba mate est une plante avant d’être une boisson. Son nom scientifique est *Ilex paraguariensis* : cousine du houx, c’est un arbre à feuillage persistant qui dépasse dix mètres à l’état sauvage et pousse à l’ombre de la forêt atlantique subtropicale, dans le bassin des fleuves Paraná, Paraguay et Uruguay. Aujourd’hui, ces terres sont partagées entre le Paraguay, le sud du Brésil et le nord-est de l’Argentine, avec la province de Misiones et le nord de Corrientes au cœur de la production.

Bien avant que ces frontières n’existent, les peuples guaranis récoltaient les feuilles de cet arbre et les appelaient *ka’a* : simplement « l’herbe », comme s’il n’y en avait pas d’autre. Ils les mâchaient, les faisaient infuser, les emportaient dans leurs longs déplacements parce qu’elles donnaient de l’énergie et atténuaient la faim et la fatigue. Ils les buvaient dans de petites calebasses évidées et filtraient les feuilles avec des chalumeaux végétaux : les ancêtres directs du mate et de la bombilla que nous utilisons aujourd’hui.

**La plante en bref**

- **Nom botanique**: *Ilex paraguariensis*, famille des Aquifoliacées
- **Habitat**: Forêt atlantique subtropicale entre le Paraguay, le sud du Brésil et le nord-est de l’Argentine
- **Nom guarani**: *Ka’a*, « l’herbe »
- **Origine du mot « mate »**: Du quechua *mati*, le récipient : à l’origine, il désigne la calebasse, pas la boisson

## Conquistadors, interdictions et jésuites

Arrivés sur le Río de la Plata au XVIe siècle, les Espagnols adoptèrent vite l’habitude des Guaranis, et en quelques décennies la yerba devint une marchandise précieuse, échangée le long des routes commerciales qui reliaient Asunción à Buenos Aires, jusqu’aux mines du Pérou. Tous n’en étaient pas enchantés pour autant : en 1616, le gouverneur de Buenos Aires Hernandarias en interdit le commerce, y voyant un vice qui rendait les hommes oisifs, avec des amendes pour les Espagnols et des coups de fouet pour les Indiens ; à la même époque, le provincial des jésuites, Diego de Torres, en dénonça l’usage à l’Inquisition comme « superstition diabolique ». L’interdiction resta sans effet : l’habitude était désormais trop enracinée.

Ce furent précisément les religieux qui, finalement, changèrent son destin. Dans les *reducciones* jésuites du Paraguay, à partir du XVIIe siècle, les pères réussirent là où personne n’était parvenu avant eux : cultiver la yerba au lieu de la cueillir en forêt. Les graines de la plante germent très difficilement, et trouver le moyen de les faire prendre permit de créer les premières plantations ordonnées. Pendant plus d’un siècle, la « yerba des jésuites » fut l’une des principales richesses de la région, exportée dans tout le continent sous le nom de « thé du Paraguay ».

Lorsqu’en 1767 la Couronne espagnole expulsa les jésuites de ses territoires, ce savoir fut en grande partie perdu. Pendant plus de cent ans, on revint à la cueillette sur les arbres sauvages, dans les *yerbales* de la forêt, souvent au prix d’un travail très dur et exploité. Ce n’est qu’en 1895 que le paysagiste franco-argentin Carlos Thays parvint à nouveau à faire germer les graines à Buenos Aires, et dans les premières décennies du XXe siècle la culture reprit à grande échelle, surtout à Misiones : c’est de là que provient encore aujourd’hui l’essentiel de la yerba argentine.

> Le maté a été interdit, taxé, exporté, oublié et redécouvert. La seule chose qu’il n’a jamais cessé de faire, c’est de passer de main en main.

## Comment il conquiert toute l’Argentine

Depuis le nord-est, la yerba descendit les fleuves vers Buenos Aires, puis se répandit dans la pampa. Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, le maté devint le compagnon inséparable du *gaucho* : pendant les longues journées à cheval, dans un paysage sans limites et sans villages, la calebasse et la bouilloire sur le feu étaient la pause, le repas léger et la compagnie. La littérature gauchesque, le *Martín Fierro* en tête, le raconte comme un élément du paysage, au même titre que le cheval et le feu de bivouac.

Entre-temps, le maté entrait aussi dans les maisons de la ville coloniale. Dans les familles aisées, on le servait dans des récipients d’argent ciselé, avec des bombillas précieuses ; dans les cuisines les plus modestes, une calebasse et un peu d’eau chaude suffisaient. C’est l’une des rares habitudes à avoir traversé toutes les classes sociales sans changer de forme : le geste était le même, seule la matière changeait.

La grande vague migratoire de la fin du XIXe et du début du XXe siècle fit le reste. Des millions d’Italiens, d’Espagnols et bien d’autres arrivèrent en Argentine sans connaître le maté, et l’adoptèrent rapidement : il coûtait peu, se préparait partout et, surtout, c’était le moyen le plus simple d’entrer dans une communauté. Offrir un maté au voisin, au collègue, au nouvel arrivant, c’était l’accueillir. En l’espace d’une génération, les enfants d’immigrés le buvaient comme s’il avait toujours été le leur.

*La yerba versée dans le mate avant la première eau : le geste par lequel commence chaque ronda.*

Aujourd’hui, l’Argentine est, avec le Brésil, le premier producteur de yerba mate au monde : la yerba est présente dans plus de neuf foyers sur dix, et chaque Argentin en consomme en moyenne plus de six kilos par an. En 2013, une loi (n° 26.871) a déclaré le maté « infusion nationale », et une loi ultérieure (n° 27.117) a fixé au 30 novembre la Journée nationale du maté, à l’anniversaire de la naissance d’Andrés Guacurarí, « Andresito », le commandant guarani qui gouverna Misiones et encouragea la production de yerba. Mais le maté n’est pas seulement argentin : il est chez lui en Uruguay, où la consommation par habitant est la plus élevée au monde, autour de dix kilos par an, au Paraguay, où on le boit froid en été sous le nom de *tereré*, dans le sud du Brésil, où il s’appelle *chimarrão*, et même en Syrie et au Liban, où l’ont rapporté des émigrants revenus d’Amérique du Sud.

## Ce que contient la yerba : les bienfaits pour la santé

Une part du succès du maté s’explique par ce que contiennent ses feuilles. La yerba renferme de la caféine (longtemps appelée « matéine », mais c’est la même molécule), ainsi que de petites quantités de théobromine et de théophylline, les mêmes substances que l’on trouve dans le cacao et le thé. Ceux qui en boivent régulièrement décrivent une énergie plus progressive et plus durable que celle du café : c’est aussi dû à la façon de le boire, par petites gorgées réparties dans le temps plutôt qu’en une seule tasse.

- **Antioxydants** : la yerba est riche en polyphénols, en particulier en acides chlorogéniques, auxquels la recherche associe une action antioxydante comparable à celle du thé vert.
- **Concentration et vigilance** : l’association de la caféine et des autres alcaloïdes aide à rester attentif et lucide, et c’est pourquoi le maté accompagne l’étude et le travail.
- **Minéraux et vitamines** : les feuilles contiennent du potassium et du magnésium, ainsi que des vitamines du groupe B, même si c’est en quantités modestes par tasse.
- **Hydratation et légèreté** : sans sucre, c’est une boisson pratiquement sans calories, et celui qui en boit toute la journée finit par absorber beaucoup d’eau.

> **Avec bon sens**: Le maté est une boisson, pas un médicament : les études sur ses effets sont prometteuses mais toujours en cours. Il contient de la caféine ; ceux qui doivent en limiter la consommation (pendant la grossesse, par exemple) feraient bien de le modérer. Quant à la température, la tradition veut une eau entre 70 et 80 °C, jamais à ébullition, pour ne pas brûler la yerba. Mais pour la santé, la façon de le boire compte aussi : le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, ou IARC) classe les boissons consommées au-delà de 65 °C comme probablement cancérogènes pour l’œsophage, et cite précisément le maté parmi celles que l’on boit souvent très chaudes. Mieux vaut donc le laisser tiédir un instant avant la gorgée.

## Les atouts de la yerba

La yerba mate est bien plus polyvalente que ne le laisse penser la calebasse avec sa bombilla. Le processus qui la transforme en ce que l’on trouve dans le paquet est déjà un petit métier : après la récolte, les feuilles passent rapidement sur la flamme (*sapecado*) pour arrêter l’oxydation, puis elles sont séchées, grossièrement concassées et laissées à vieillir pendant des mois, parfois plus d’un an, avant la mouture finale. Chaque étape change le résultat : avec ou sans *palo* (les petites tiges), plus ou moins vieillie, plus ou moins fine.

- **Chaude ou froide** : outre le maté traditionnel, il y a le *tereré*, préparé à l’eau glacée et aux agrumes, le rituel estival du Paraguay reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel.
- **En tasse** : le *mate cocido* se prépare en infusion comme un thé, souvent avec du lait et un peu de sucre, et c’est le petit-déjeuner de nombreux enfants argentins.
- **Aromatisée** : la yerba s’accorde avec des zestes d’agrumes, de la menthe, de la verveine citronnelle et avec les herbes du *yuyo*, les plantes aromatiques de la tradition rioplatense.
- **En cuisine et au-delà** : on l’utilise dans les desserts, les glaces, les liqueurs et les boissons énergisantes, et de plus en plus de marques dans le monde la découvrent comme alternative naturelle au café.

Il y a aussi un versant tourné vers l’avenir. La yerba cultivée en systèmes agroforestiers, à l’ombre des arbres indigènes comme elle poussait à l’origine, permet de produire sans abattre la forêt, et même en aidant à la reconstituer : à Misiones, plusieurs projets l’utilisent pour restaurer la forêt du Paraná. Les arbres protègent les plantes du vent et des écarts de température et le sol reste couvert, au bénéfice de la qualité de la feuille et de l’un des écosystèmes les plus riches et les plus menacés du continent.

## De boisson à rituel quotidien

Tout cela ne suffit pourtant pas à expliquer le maté. Ce qui le rend unique, ce n’est ni la plante ni la caféine, mais la façon dont on le boit. Il y a un *cebador*, celui qui prépare : il remplit le mate de yerba, le secoue pour faire remonter la poussière à la surface, verse l’eau le long de la bombilla et boit le premier la gorgée la plus amère. Puis il remplit et passe le mate à chacun, un à la fois, toujours dans le même ordre. Celui qui le reçoit le boit en entier et le rend. Quand il n’en veut plus, il dit simplement « merci » : c’est le signal que, pour lui, la ronda est terminée.

Ce sont des règles minimales, mais elles créent quelque chose de rare : un temps partagé. On ne boit pas un maté à la hâte, on ne le boit pas seul quand quelqu’un est à côté. *¿Unos mates?*, en Argentine, est une question qui veut dire bien davantage : tu as le temps ? Tu t’arrêtes ? On discute ? C’est une invitation à s’asseoir, à ralentir, à rester ensemble dix minutes sans raison précise.

Des forêts des Guaranis aux missions jésuites, de la pampa des gauchos aux cuisines des immigrés, jusqu’aux bureaux et aux plages d’aujourd’hui, le maté a traversé quatre siècles en changeant de matières, de noms et de maîtres, sans jamais perdre sa nature : c’est un geste qui se répète chaque jour et qui, chaque jour, installe une pause là où il n’y en avait pas. Et c’est précisément cela, au fond, que nous appelons un rituel.

## Questions fréquentes

### D’où vient le maté ?

De la forêt subtropicale du bassin des fleuves Paraná, Paraguay et Uruguay, aujourd’hui partagée entre le Paraguay, le sud du Brésil et le nord-est de l’Argentine, où la province de Misiones et le nord de Corrientes sont au cœur de la production. Les premiers à le boire furent les peuples guaranis, bien avant la conquête espagnole.

### Qui a inventé le maté ?

Personne en particulier : c’est une habitude des peuples guaranis antérieure à l’arrivée des Européens. Les Espagnols l’adoptèrent au XVIe siècle, et au XVIIe siècle les jésuites furent les premiers à cultiver la yerba en plantations au lieu de la cueillir dans la forêt.

### Pourquoi l’appelle-t-on maté ?

Le mot vient du quechua *mati*, qui désigne le récipient : à l’origine, « mate » est la calebasse évidée dans laquelle on boit, pas la boisson. Les Guaranis appelaient la plante *ka’a*, c’est-à-dire « l’herbe ».

### Quels sont les bienfaits du maté ?

La yerba mate contient de la caféine, de la théobromine et de la théophylline, qui aident l’attention et la concentration, ainsi que des polyphénols comme les acides chlorogéniques, avec une action antioxydante comparable à celle du thé vert. Elle contient aussi du potassium, du magnésium et des vitamines du groupe B, en quantités modestes par tasse. Les études sont prometteuses mais toujours en cours : le maté est une boisson, pas un médicament.

### Le maté contient-il de la caféine ?

Oui. La « matéine » dont on parle est la même molécule que la caféine ; dans la yerba, elle s’accompagne de petites quantités de théobromine et de théophylline. Ceux qui doivent limiter la caféine, par exemple pendant la grossesse, feraient bien d’en modérer la consommation.

### À quelle température boit-on le maté ?

La tradition veut une eau entre 70 et 80 °C, jamais à ébullition, pour ne pas brûler la yerba. Pour la santé, mieux vaut ne pas le boire au-delà de 65 °C : le CIRC (IARC) classe les boissons très chaudes comme probablement cancérogènes pour l’œsophage.

### Comment le maté s’est-il répandu dans toute l’Argentine ?

Depuis le nord-est, la yerba descendit les fleuves jusqu’à Buenos Aires et à la pampa, où elle devint au XVIIIe et au XIXe siècle la boisson des gauchos. Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, les millions d’immigrés européens l’adoptèrent à leur tour. En 2013, une loi l’a déclaré « infusion nationale ».

## Sources

1. [Instituto Nacional de la Yerba Mate, *The mate and its history*](https://yerbamateargentina.org.ar/en/history-of-yerba-mate.html)
2. [Instituto Nacional de la Yerba Mate, *The mate around the world*](https://yerbamateargentina.org.ar/en/mate.html)
3. [World Agroforestry, *Ilex paraguariensis* (Agroforestree Database)](https://apps.worldagroforestry.org/treedb2/AFTPDFS/Ilex_paraguariensis.PDF)
4. [Museo José Hernández, Buenos Aires, *El mate de calabaza*](https://www.buenosaires.gob.ar/museojosehernandez/noticias/el-mate-de-calabaza)
5. [La Nación, *Prohibido el mate*](https://www.lanacion.com.ar/espectaculos/prohibido-el-mate-nid1130027/)
6. [Aleteia, *The Jesuit tea: the history of mate* (2017)](https://aleteia.org/2017/11/17/the-jesuit-tea-the-history-of-mate/)
7. [Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires, *La yerba y los botánicos* (Carlos Thays)](https://buenosaires.gob.ar/gcaba_historico/noticias/la-yerba-y-los-botanicos)
8. [José Hernández, *El gaucho Martín Fierro*, canto II (Wikisource)](https://es.wikisource.org/wiki/El_Gaucho_Mart%C3%ADn_Fierro_(1894)/II)
9. [MDZ, *Día del mate: cuánto y quiénes lo consumen en la Argentina* (données INYM, 2022)](https://www.mdzol.com/estilo/2022/11/30/dia-del-mate-cuanto-quienes-lo-consumen-en-la-argentina-295583.html)
10. [La Capital, *Día Nacional del Mate: por qué se celebra cada 30 de noviembre*](https://www.lacapital.com.ar/informacion-general/dia-nacional-del-mate-que-se-celebra-cada-30-noviembre-la-argentina-n10104848.html)
11. [Montevideo Portal, *Los uruguayos consumimos 10 kilos de yerba mate per cápita por año*](https://www.montevideo.com.uy/Negocios-y-Tendencias/Los-uruguayos-consumimos-10-kilos-de-yerba-mate-per-capita-por-ano-uc728131)
12. [UNESCO, *Practices and traditional knowledge of Terere in the culture of Pohã Ñana* (2020)](https://ich.unesco.org/en/RL/practices-and-traditional-knowledge-of-terere-in-the-culture-of-poha-nana-guarani-ancestral-drink-in-paraguay-01603)
13. [AramcoWorld, *The South American Leaf* (1995)](https://archive.aramcoworld.com/issue/199506/the.south.american.leaf.htm)
14. [Heck C. I., de Mejia E. G., *Yerba mate tea (Ilex paraguariensis): a comprehensive review on chemistry, health implications, and technological considerations*, Journal of Food Science, 2007](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18034743/)
15. [IARC, *IARC Monographs evaluate drinking coffee, maté, and very hot beverages*, communiqué n° 244, 15 juin 2016](https://www.iarc.who.int/wp-content/uploads/2018/07/pr244_E.pdf)
16. [Bichos de Campo, *A la planta de yerba la sacaron de la selva… ahora recomiendan que vuelva a convivir con los árboles*](https://bichosdecampo.com/a-la-planta-de-yerba-la-sacaron-de-la-selva-y-la-transformaron-en-monocultivo-pero-ahora-recomiendan-que-vuelva-a-convivir-con-los-arboles/)
17. [Wikipedia, *Yerba mate* (données de production FAO)](https://en.wikipedia.org/wiki/Yerba_mate)
